La fête des Rois et le temps des Fêtes.

Fête des Rois et temps des Fêtes.

Traditionnellement, le temps des Fêtes, commencé la veille de Noël, se termine avec la fête des Rois (l’Épiphanie), le six janvier. À l’époque de Doudou et Danny, dans les années 1950, aux Rois, les familles vont d’abord à la messe le matin, car jusque dans les années 1960, l’Épiphanie est une fête d’obligation pour les catholiques. Le reste de la journée se passe à visiter ou à recevoir parents et amis. On offre souvent un verre de vin sucré accompagné de beignes maison. La tradition de la galette des Rois est connue au Canada français, mais peu observée. Dans beaucoup de familles, les mères remplacent la fève dans la galette, par un jujube dans un gâteau. La personne qui trouve la fève ou le jujube devient roi ou reine et peut choisir son roi ou sa reine. On ne gagne pas grand-chose à devenir cette royauté pour la journée. Chez moi, si c’était une fille, elle avait congé de vaisselle. Mais le roi et la reine coiffent une couronne en carton et parfois les enfants jouent au jeu : « Je vous salue mon roi sans rire ni sourire ». C’est une journée gaie et triste à la fois pour les enfants, car elle marque la fin des vacances des Fêtes. En effet, les enfants qui étaient en congé depuis le 23 décembre retournent à l’école le 7 janvier. 

Extraits de mon album BD Histoires d’escaliers. Une année de célébrations. 

La galette des Rois a gagné en popularité dans les dernières années au Québec et on trouve facilement la galette traditionnelle dans bien des pâtisseries, ou encore, on la prépare à la maison.

L’histoire suivante met en scène Doudou, Danny et Bébé Guy, le jeune frère de Danny. Bébé Guy a toujours une façon bien à lui de comprendre le monde qui l’entoure. Il est jeune et un peu poète.

Les Rois-Histoires d'escaliers. Danièle Archambault

Les Rois-Histoires d’escaliers. Danièle Archambault

Les petits souliers du jour de l’An.

Une coutume du 31décembre.

Au Québec, dans les années 1950, le temps des Fêtes s’étire jusqu’au 6 janvier.

[…] Le soir du 31 décembre, on se prépare pour le réveillon du jour de l’An. Encore une fois, on célèbre en famille, entre amis, entre voisins. Une grosse fête avec musique, chansons, danses, blagues et un festin traditionnel. Dès qu’on le peut, on couche les enfants, à plusieurs par lit, et la fête se poursuit entre adultes jusqu’au petit matin. Les enfants ont pris soin la veille, ou bien de suspendre un bas sur le côté de l’escalier, ou au-dessus du foyer, ou encore de déposer leurs petits souliers sous le sapin. Le matin du jour de l’An est marqué par la tradition de la bénédiction paternelle. L’aîné des enfants demande au père de bénir la famille. La tradition est encore respectée dans les années 1950, mais disparaitra graduellement dans les décennies suivantes. Le jour de l’An est la fête la plus importante du temps des Fêtes dans les familles canadiennes-françaises. Noël fut pendant longtemps une fête essentiellement religieuse, sans cadeaux. Le jour de l’An (la Circoncision) est une grande fête familiale marquée par un grand souper traditionnel, le souper du jour de l’An, qui a lieu habituellement chez les grands-parents, et la remise des étrennes.[…] Extrait de mon album BD Histoires d’escaliers. Une année de célébrations.

Dans ma famille, ce sont nos souliers que nous alignions sous le sapin de Noël, le soir du 31 décembre. Au matin, on y trouvait des fruits, des bonbons, des chocolats… Il n’y avait jamais assez de friandises à notre goût et un peu trop de fruits, comme dans cette histoire tirée aussi de l’album BD.

Petits souliers du jour de l'An. Danièle Archambault

Petits souliers du jour de l’An. Danièle Archambault

 

Le temps des Fêtes est commencé !

Joyeux temps des Fêtes !

De nos jours, dès le premier jours de décembre, on entend dire autour de nous que le temps des Fêtes est commencé. Peut-être parce que déjà dans les magasins les décorations de Noël sont installées, le père Noël est déjà bien assis sur son trône et a commencé à recevoir les enfants, et la musique de Noël joue partout, partout, partout. Mais, en fait, traditionnellement, le temps des Fêtes signifie la période de réjouissances qui commence la veille de Noël, le 24 décembre et se termine avec l’Épiphanie (la fête des Rois), le 6 janvier.

Joyeux Noël! Joyeux temps des Fëtes!

Joyeux Noël! Joyeux temps des Fêtes! Avec un clin d’oeil à la chasse-galerie.

Pour cette carte du temps des Fêtes de 2015, je me suis inspirée de La chasse-galerie, un court récit publié en 1900 par Honoré Beaugrand. Ce conte raconte l’histoire de bûcherons qui travaillent dans un chantier de l’Outaouais, en 1850. Fort désireux, durant le temps des Fêtes, d’aller célébrer avec leur famille, ils font un pacte avec le diable, la veille du Jour de l’An. Ce pacte leur permet de voyager sur un canot volant pour aller visiter leur famille. Ils connaissent bien des émotions durant leur voyage de retour, mais l’histoire se finit bien. Pour lire le texte écrit par Honorée Beaugrand : La chasse-galerie. Légendes canadiennes.

Les textes sont extraits de mon album BD Une année de célébrations !

Clennedaques, la Sainte-Catherine et Marguerite Bourgeoys.

Fêter la Sainte-Catherine à l’école dans les années 1950

Aujourd’hui, 25 novembre c’est la Sainte-Catherine ! Même si maintenant on ne célèbre plus cette fête dans les écoles du Québec, elle était dans les années 1950 très populaire auprès des élèves et des institutrices. Chez nous, on la fête encore, mais pour des raisons personnelles.

L’album de BD Une année de célébrations de la série Histoires d’escaliers.

Voici une histoire sur la Sainte-Catherine à l’école, un extrait de mon dernier album Une année de célébrations de la série de bandes dessinées Histoires d’escaliers. Les histoires ont pour cadre les principales fêtes célébrées au Québec, à la fin des années 1950. La série Histoires d’escaliers met en scène deux jeunes enfants francophones, Doudou et Danny, ainsi que leurs amis, dans le Montréal de la Grande Noirceur, les dernières années précédant la Révolution tranquille. Le livre offre une lecture à deux niveaux. Les pages de bandes dessinées racontent de façon humoristique un aspect particulier des fêtes, tel que vu et compris par les jeunes enfants. De courts textes informatifs accompagnent les histoires et permettent de mieux situer les célébrations dans leur contexte politique, social ou encore historique.

La Sainte Catherine à l’école

La tradition de fêter, le 25 novembre, la Sainte-Catherine dans les écoles au Canada français remonte à très loin, peut-être même au début de la colonie. Cependant, elle n’a rien à voir avec celle de se moquer des jeunes filles célibataires de 25 ans et plus, ces Catherinettes qui coiffaient ce jour-là, Sainte-Catherine. En effet, la fête célébrée dans les écoles était en l’honneur de Marguerite Bourgeoys, première institutrice au Canada. L’histoire raconte qu’elle aurait fabriqué des friandises à la mélasse pour attirer les jeunes enfants à son école. La Sainte-Catherine était donc l’occasion d’organiser dans les classes de petites (ou grandes) fêtes et de fabriquer et manger de la tire Sainte-Catherine. Ces bonbons, faits dans les familles ou achetés au magasin, portaient aussi d’autres noms tels que « clennedaques » et « Kiss ». Si dans les années 1950, la Sainte-Catherine est largement célébrée dans les écoles, ce n’est plus cas aujourd’hui.

Un petit mot sur le vocabulaire:

Clennedaque, tire à la mélasse, tire Sainte-Catherine : friandise faite à base de mélasse. Le mot tire vient du fait que, une fois le mélange refroidi, il faut bien l’étirer avant de le couper en petits morceaux. Les bonbons sont alors enveloppés dans des papillotes. On les appelle aussi clennedaques (prononciation francisée du mot Klondyke, nom d’une marque de commerce du bonbon) et kiss. Ces friandises sont très populaires aussi à l’Halloween. Cette tire est différente de la tire d’érable, qui, elle, est faite à partir d’eau d’érable bouillie

La Sainte-Catherine à l'école. Page 1. Danièle Archambault

La Sainte-Catherine à l’école. Page 1. Danièle Archambault

La Sainte-Catherine à l'école. Page 2. Danièle Archambault

La Sainte-Catherine à l’école. Page 2. Danièle Archambault

La fête du Travail en 1958. La rentrée des classes.

Fête du travail et rentrée des classes en 1958.

C’est la fête du Travail, un jour de congé, et Doudou et ses amis de la série Histoires d’escaliers ne sont pas heureux. Pourquoi donc ?

Fête du Travail et rentrée des classes (1958). Danièle Archambault

Fête du Travail et rentrée des classes (1958). Danièle Archambault

La fête du Travail, célébrée le premier lundi du mois de septembre, est une fête légale et un jour férié au Canada depuis 1897. Pendant plusieurs années, jusqu’en 1952, elle fait l’objet d’un grand défilé, plus imposant même que celui de la Saint-Jean-Baptiste, organisé par le Conseil des métiers et du travail de Montréal (CMTM).  Mais, à la fin des années 1950, même si la fête n’est plus célébrée dans les rues de Montréal, on en apprécie beaucoup le congé. Dernière grande fin de semaine de congé de l’été, elle marque aussi, malheureusement, la fin des vacances des écoliers. En effet, à cette époque, la rentrée des classes dans les écoles catholiques de Montréal a lieu le lendemain de la fête du Travail. Les écoliers protestants, eux, retourneront à l’école une semaine plus tard.

En septembre, la rentrée des classes est un évènement social de premier plan. C’est que de 1942 à 1960, le nombre d’enfants dans les écoles du Québec a plus que doublé ! En effet, la vague des naissances de l’après-guerre signifie que les écoliers constituent maintenant une partie importante de la population. De plus, l’école est devenue obligatoire au Québec jusqu’à l’âge de 14 ans, depuis 1943.

Histoires d’escaliers. Une année de célébrations !

Le dernier album de la série Histoires d’escaliers est arrivé !

Histoires d’escaliers-Une année de célébrations ! Danièle Archambault

Histoires d’escaliers-Une année de célébrations ! Danièle Archambault

La culture et la langue d’un peuple sont en continuelle évolution. Celle-ci se reflète, entre autres, dans nos fêtes et dans notre façon de les célébrer. Une année de célébrations !, dernier album de la série de bandes dessinées Histoires d’escaliers, est un recueil de courtes histoires et d’illustrations ayant pour sujet les principales fêtes célébrées au Québec, à la fin des années 1950. La série Histoires d’escaliers met en scène deux jeunes enfants francophones, Doudou et Danny, ainsi que leurs amis, dans le Montréal de la Grande Noirceur, les dernières années précédant la Révolution tranquille.

La Grande Noirceur

Pour les jeunes enfants, la Grande Noirceur veut dire surtout un système d’éducation public confessionnel, généralement catholique pour les enfants de langue française. Les garçons et les filles n’étudient pas dans les mêmes écoles, et s’ils se retrouvent parfois dans un même établissement, ce sera dans des classes séparées. À l’école, l’éducation religieuse des enfants est incorporée dans toutes les matières. L’omniprésence de l’Église se fait sentir dans la vie quotidienne comme dans les évènements spéciaux, et même dans les fêtes civiles. Dans les années 1950, tout au long de l’année, le calendrier est ponctué par diverses fêtes, mais qu’elles soient civiles ou liturgiques, institutionnalisées ou populaires, on retrouve toujours un mélange de religieux et de séculaire dans les célébrations.

Histoires humoristiques et récits informatifs

Le livre offre une lecture à deux niveaux. Les pages de bandes dessinées racontent de façon humoristique un aspect particulier des fêtes, tel que vu et compris par les jeunes enfants. De courts textes informatifs accompagnent les histoires et permettent de mieux situer les célébrations dans leur contexte politique, social ou encore historique. Au départ, l’album se voulait un simple recueil de courtes bandes dessinées, d’illustrations et même de cartes de souhaits créées au fil des années et inspirées par une de nos nombreuses fêtes, tels Noël, le Nouvel An, la Saint-Patrick, la Saint-Valentin, Pâques, et bien d’autres. Mais le projet est devenu rapidement plus complexe. Pour rendre l’album plus cohérent, plus complet et représentatif de toute une année, il a fallu rajouter plusieurs histoires comme celles du mois de Marie, de la Fête-Dieu, ou encore de la bénédiction paternelle, au jour de l’An. L’ajout de textes d’accompagnement s’est aussi imposé afin de permettre à tous les lecteurs, quels que soient leur âge ou leurs origines, de mieux apprécier le contenu des histoires, particulièrement quand elles ont pour sujet une fête qui n’est plus célébrée dans le Québec contemporain.

Un glossaire

Comme dans les autres albums de la série, on retrouve dans celui-ci aussi, un glossaire. Les personnages de ces histoires vivent au Québec. Le français parlé au Québec, comme les autres dialectes français à travers le monde (France, Belgique, Suisse, Haïti, etc.), possède des caractéristiques qui lui sont propres et qui ne sont pas nécessairement connues de toute la francophonie. J’ai inclus dans ce petit glossaire certains mots et expressions qui, généralement, ne figurent pas, pour diverses raisons historiques et culturelles, dans les grands dictionnaires de la langue française

On ne trouvera pas dans Une année de célébrations ! un relevé exhaustif, mais plutôt un éventail des fêtes les plus représentatives de l’époque. Cet album de bandes dessinées a pour but premier de distraire le lecteur, de le faire rire, à tout le moins sourire. J’espère que sa lecture suscitera aussi une réflexion sur l’évolution des coutumes et traditions qu’a connue le Québec dans les soixante dernières années.

La fête de la Reine. Montréal 1950

La fête de la Reine dans la série de BD Histoires d’escaliers. Une année de célébrations.

Au Canada, la fête de la Reine marquait initialement l’anniversaire de la reine Victoria, née le 24 mai 1819. À partir de son décès en1901, le 24 mai devient la fête de Victoria. Le Québec a aussi célébré pendant longtemps (officiellement, à partir de 1920), à la même date, la fête de Dollard des Ormeaux, héros canadien-français. En 1957, le lundi précédent le 25 mai devient le jour où on célèbre l’anniversaire de la reine Elizabeth II et de tous les futurs monarques du Canada et la fête prend le nom de fête de la Reine.  Au Canada anglais, la fête a gardé le nom de Victoria Day. En 2002, le Québec a officiellement rebaptisé ce jour, la Journée nationale des patriotes, en l’honneur de la lutte des patriotes de 1837-38 au Bas-Canada.Pour compliquer un peu les choses, il faut souligner que l’anniversaire réel de la reine Elizabeth est le 21 avril, mais celle-ci fête officiellement son anniversaire en juin ! De nombreux anniversaires !

Au Québec, en 1959, ce jour férié est surtout appelé fête de la Reine. C’est ce qu’on retrouve sur les calendriers, les affiches, les documents officiels : Victoria Day, en anglais, fête de la Reine, en français. Ce n’est que dans les années 1970 que l’on verra un  regain pour l’appellation fête de Dollard.

En 1959, cette fête tombe le 18 mai et ce jour de congé est bien apprécié de tous, car il marque la première grande fin de semaine de l’été. C’est aussi l’occasion pour la maîtresse d’école de Doudou et de ses amies de leur parler de cette fameuse reine en l’honneur de laquelle, il y a congé d’école.

Voici la première page d’une histoire qui en compte trois. Un extrait du dernier album de la série Histoires d’escaliers :  Une année de célébrations

Fête de la Reine (1959). Histoires d'escaliers. Une année de célébrations. Danièle Archambault

Fête de la Reine (1959). Histoires d’escaliers. Une année de célébrations. Danièle Archambault

Pas de poissons d’avril à l’école. Reprise.

Pas de poissons d’avril à l’école !

(Une reprise d’une histoire publiée en 2014…)

Ce n’est pas qu’au Québec que le 1er avril est un jour dédié aux blagues, farces et attrapes de toutes sortes. Mais en Italie, en France, en Belgique, dans certaines régions de la Suisse et au Québec ce jour se passe sous le thème du poisson. Une blague simple, mais populaire consiste à accrocher subrepticement un poisson de papier dans le dos d’une personne. Lorsqu’elle s’en rend compte, on crie alors « Poisson d’avril ! »Tout le monde devient facilement complice à ce jeu et la victime peut parfois se promener bien longtemps avec ce poisson dans le dos avant de s’en rendre compte.

La coutume est très populaire auprès des écoliers qui adorent attraper leur enseignant. Il n’y a rien de plus drôle, n’est-ce pas, que de se moquer de l’autorité ?

Pourquoi ce préambule ?

D’abord, parce que j’habite aux États-Unis (USA) et qu’ici, si on adore faire des blagues le 1er avril (April Fools’ Day), la tradition du poisson attaché dans le dos est inconnue.

Deuxièmement, parce que la planche que je publie aujourd’hui a pour thème le fameux poisson de papier.

Les histoires de ma série « Histoires d’escaliers » ont pour cadre le Québec de la fin des années 50. À cette époque, les écoles publiques sont confessionnelles, catholiques pour les francophones. Les religieuses sont en général très strictes sur le respect qui leur est dû et sur le sérieux de leur école. Le 1er d’avril est un jour redoutable pour elles à cet égard. C’est pourquoi, à l’école de Doudou et Danny, il y a interdiction formelle, aujourd’hui, de jouer des tours, comme d’accrocher des poissons de papier dans le dos de qui que ce soit !

Mais il y a dans leur école ce tout petit poète. Un enfant au coeur tendre, à la tête remplie d’imagination. Ce n’est pas un rebelle, c’est un rêveur qui ne peut pas imaginer qu’on puisse interdire de s’amuser. Et c’est pour cette raison que cette consigne du 1er avril, il la prend au pied de la lettre : « Pas de poissons d’avril, à l’école ! »

Pas de poissons d'avril à l'école!

Pas de poissons d’avril à l’école!