Une soirée à Stanford avec Joe Sacco.

Je construis mon blog en ordre chronologique inverse.  Le temps a passée trop vite durant mon voyage au Québec et dans les premiers jours de mon retour à Palo Alto. Je n’avais pas le temps de mettre le blog à jour. Alors, je me reprends mais en écrivant sur les évènements les plus récents en premier.

Jeudi dernier, le 5 mai, j’ai assisté à une discussion organisée par le Graphic Narrative Project à l’Université Stanford avec comme invité d’honneur, le bédéiste-journaliste Joe Sacco . Une discussion intéressante avec plusieurs panélistes dont mon prof. de bande dessinée, Dan Archer. Je sais que le vidéo de la soirée sera bientôt disponible mais en attendant voici quelques-unes de mes notes. Je les choisis au hasard et je rapporte ici surtout ce qui a trait à l’aspect de la forme en bande dessinée. Pour le contenu plus sérieux, plus intense, il vaut mieux attendre le vidéo et entendre alors de la bouche même de Joe Sacco ce qu’il pense de la situation en Palestine, par exemple, de son travail de journaliste, de ses plans futurs…

Donc pour l’aspect technique…

  • Sur le terrain, Sacco n’emporte pas de carnet de croquis mais plutôt une caméra.
  • Il se sert d’un journal pour recueillir ses notes, organiser ses idées.
  • Il ne fait pas de vignettes (thumbnails).
  • Il compose sa bande dessinée directement sur la page.
  • Il construit son scénario du début à la fin. Il sait donc où il va quand il commence à dessiner.
  • Il fait environ 10 pages par mois (crayonné et encre).

Et deux de ses commentaires que j’aime bien…

  • En parlant des différences entre lui et les autres journalistes, il dit qu’il pose aux gens les mêmes questions que les autres journalistes mais qu’à la fin d’une entrevue, il demande, par exemple: “Et comment étiez-vous habillé à ce moment-là?” Car il rapportera ces évènements sous forme de dessins…
  • Il mentionne aussi que le fait de rapporter les évènements sous forme de dessins lui permet de se rapprocher des gens dont il parle en dépit des barrières de langage. Les gens se reconnaissant dans ses dessins; ils peuvent s’identifier aux lieux et reconnaître leur histoire.

Pendant la soirée, j’ai essayé de pratiquer mes croquis. En voici un de Joe Sacco. Dans mon cas, malheureusement, je ne suis pas certaine que mon dessin permettrait de passer par-dessus la barrière de langage…Mais, il faut continuer à pratiquer…

Joe Sacco. The world in frames. The Graphic Narrative Project.

The world in frames. Three members of the panel: Joe Sacco, Dan Archer and Adam Johnson.