La fête du Travail en 1958. La rentrée des classes.

Fête du travail et rentrée des classes en 1958.

C’est la fête du Travail, un jour de congé, et Doudou et ses amis de la série Histoires d’escaliers ne sont pas heureux. Pourquoi donc ?

Fête du Travail et rentrée des classes (1958). Danièle Archambault

Fête du Travail et rentrée des classes (1958). Danièle Archambault

La fête du Travail, célébrée le premier lundi du mois de septembre, est une fête légale et un jour férié au Canada depuis 1897. Pendant plusieurs années, jusqu’en 1952, elle fait l’objet d’un grand défilé, plus imposant même que celui de la Saint-Jean-Baptiste, organisé par le Conseil des métiers et du travail de Montréal (CMTM).  Mais, à la fin des années 1950, même si la fête n’est plus célébrée dans les rues de Montréal, on en apprécie beaucoup le congé. Dernière grande fin de semaine de congé de l’été, elle marque aussi, malheureusement, la fin des vacances des écoliers. En effet, à cette époque, la rentrée des classes dans les écoles catholiques de Montréal a lieu le lendemain de la fête du Travail. Les écoliers protestants, eux, retourneront à l’école une semaine plus tard.

En septembre, la rentrée des classes est un évènement social de premier plan. C’est que de 1942 à 1960, le nombre d’enfants dans les écoles du Québec a plus que doublé ! En effet, la vague des naissances de l’après-guerre signifie que les écoliers constituent maintenant une partie importante de la population. De plus, l’école est devenue obligatoire au Québec jusqu’à l’âge de 14 ans, depuis 1943.

Histoires d’escaliers. Une année de célébrations !

Le dernier album de la série Histoires d’escaliers est arrivé !

Histoires d’escaliers-Une année de célébrations ! Danièle Archambault

Histoires d’escaliers-Une année de célébrations ! Danièle Archambault

La culture et la langue d’un peuple sont en continuelle évolution. Celle-ci se reflète, entre autres, dans nos fêtes et dans notre façon de les célébrer. Une année de célébrations !, dernier album de la série de bandes dessinées Histoires d’escaliers, est un recueil de courtes histoires et d’illustrations ayant pour sujet les principales fêtes célébrées au Québec, à la fin des années 1950. La série Histoires d’escaliers met en scène deux jeunes enfants francophones, Doudou et Danny, ainsi que leurs amis, dans le Montréal de la Grande Noirceur, les dernières années précédant la Révolution tranquille.

La Grande Noirceur

Pour les jeunes enfants, la Grande Noirceur veut dire surtout un système d’éducation public confessionnel, généralement catholique pour les enfants de langue française. Les garçons et les filles n’étudient pas dans les mêmes écoles, et s’ils se retrouvent parfois dans un même établissement, ce sera dans des classes séparées. À l’école, l’éducation religieuse des enfants est incorporée dans toutes les matières. L’omniprésence de l’Église se fait sentir dans la vie quotidienne comme dans les évènements spéciaux, et même dans les fêtes civiles. Dans les années 1950, tout au long de l’année, le calendrier est ponctué par diverses fêtes, mais qu’elles soient civiles ou liturgiques, institutionnalisées ou populaires, on retrouve toujours un mélange de religieux et de séculaire dans les célébrations.

Histoires humoristiques et récits informatifs

Le livre offre une lecture à deux niveaux. Les pages de bandes dessinées racontent de façon humoristique un aspect particulier des fêtes, tel que vu et compris par les jeunes enfants. De courts textes informatifs accompagnent les histoires et permettent de mieux situer les célébrations dans leur contexte politique, social ou encore historique. Au départ, l’album se voulait un simple recueil de courtes bandes dessinées, d’illustrations et même de cartes de souhaits créées au fil des années et inspirées par une de nos nombreuses fêtes, tels Noël, le Nouvel An, la Saint-Patrick, la Saint-Valentin, Pâques, et bien d’autres. Mais le projet est devenu rapidement plus complexe. Pour rendre l’album plus cohérent, plus complet et représentatif de toute une année, il a fallu rajouter plusieurs histoires comme celles du mois de Marie, de la Fête-Dieu, ou encore de la bénédiction paternelle, au jour de l’An. L’ajout de textes d’accompagnement s’est aussi imposé afin de permettre à tous les lecteurs, quels que soient leur âge ou leurs origines, de mieux apprécier le contenu des histoires, particulièrement quand elles ont pour sujet une fête qui n’est plus célébrée dans le Québec contemporain.

Un glossaire

Comme dans les autres albums de la série, on retrouve dans celui-ci aussi, un glossaire. Les personnages de ces histoires vivent au Québec. Le français parlé au Québec, comme les autres dialectes français à travers le monde (France, Belgique, Suisse, Haïti, etc.), possède des caractéristiques qui lui sont propres et qui ne sont pas nécessairement connues de toute la francophonie. J’ai inclus dans ce petit glossaire certains mots et expressions qui, généralement, ne figurent pas, pour diverses raisons historiques et culturelles, dans les grands dictionnaires de la langue française

On ne trouvera pas dans Une année de célébrations ! un relevé exhaustif, mais plutôt un éventail des fêtes les plus représentatives de l’époque. Cet album de bandes dessinées a pour but premier de distraire le lecteur, de le faire rire, à tout le moins sourire. J’espère que sa lecture suscitera aussi une réflexion sur l’évolution des coutumes et traditions qu’a connue le Québec dans les soixante dernières années.

La fête de la Reine. Montréal 1950

La fête de la Reine dans la série de BD Histoires d’escaliers. Une année de célébrations.

Au Canada, la fête de la Reine marquait initialement l’anniversaire de la reine Victoria, née le 24 mai 1819. À partir de son décès en1901, le 24 mai devient la fête de Victoria. Le Québec a aussi célébré pendant longtemps (officiellement, à partir de 1920), à la même date, la fête de Dollard des Ormeaux, héros canadien-français. En 1957, le lundi précédent le 25 mai devient le jour où on célèbre l’anniversaire de la reine Elizabeth II et de tous les futurs monarques du Canada et la fête prend le nom de fête de la Reine.  Au Canada anglais, la fête a gardé le nom de Victoria Day. En 2002, le Québec a officiellement rebaptisé ce jour, la Journée nationale des patriotes, en l’honneur de la lutte des patriotes de 1837-38 au Bas-Canada.Pour compliquer un peu les choses, il faut souligner que l’anniversaire réel de la reine Elizabeth est le 21 avril, mais celle-ci fête officiellement son anniversaire en juin ! De nombreux anniversaires !

Au Québec, en 1959, ce jour férié est surtout appelé fête de la Reine. C’est ce qu’on retrouve sur les calendriers, les affiches, les documents officiels : Victoria Day, en anglais, fête de la Reine, en français. Ce n’est que dans les années 1970 que l’on verra un  regain pour l’appellation fête de Dollard.

En 1959, cette fête tombe le 18 mai et ce jour de congé est bien apprécié de tous, car il marque la première grande fin de semaine de l’été. C’est aussi l’occasion pour la maîtresse d’école de Doudou et de ses amies de leur parler de cette fameuse reine en l’honneur de laquelle, il y a congé d’école.

Voici la première page d’une histoire qui en compte trois. Un extrait du dernier album de la série Histoires d’escaliers :  Une année de célébrations

Fête de la Reine (1959). Histoires d'escaliers. Une année de célébrations. Danièle Archambault

Fête de la Reine (1959). Histoires d’escaliers. Une année de célébrations. Danièle Archambault

Conférence: Histoires d’escaliers et tradition orale

Conférence à l’Héritage canadien du Québec

DanieleArchambault-Linguiste et bédéiste

DanieleArchambault-Linguiste et bédéiste

Annonce de la conférence à l’Héritage canadien du Québec :

Les Escaliers de Montréal; Raconter l’histoire (orale) par la bande dessinée

Dans le cadre du 375e anniversaire de Montréal, l’Héritage canadien du Québec organise une conférence spéciale pour ses donateurs, ses partenaires et le public. Cette conférence bilingue aura pour thème Raconter le patrimoine par la bande dessinée et sera présentée par Danièle Archambault, Ph.D., linguiste et bédéiste. Elle raconte et documente par le biais de sa série de BDs Histoires d’escaliers la vie quotidienne dans le Montréal des années 1950, les dernières années avant la Révolution tranquille.

Les Escaliers de Montréal sont reconnus comme un des éléments significatifs du patrimoine de Montréal. Selon Madame Archambault, dans la bande dessinée, la complémentarité des aspects visuel et narratif fait de ce genre littéraire et artistique, une fenêtre privilégiée sur le patrimoine culturel et linguistique d’une communauté. À travers de courts récits humoristiques, tant par le dessin que par les dialogues, l’auteure fait découvrir à ses lecteurs, le patrimoine architectural urbain montréalais et l’histoire orale de la société québécoise de l’époque.

Courte Bio :
Danièle Archambault, Ph. D. (Linguistique), auteure, chercheuse et éducatrice, s’intéresse à la bande dessinée en tant que véhicule privilégié des paysages linguistique et culturel de la société. Professeure agrégée à l’Université de Montréal jusqu’en 1998, elle habite depuis plusieurs années déjà à Palo Alto, Californie, au cœur de la Silicon Valley. Depuis 2010, elle a publié plusieurs albums de bandes dessinées semi-autobiographiques. Elle partage son intérêt pour l’interaction entre langue, culture et bandes dessinées, lors de conférences et d’ateliers aux États-Unis, au Canada et en Europe.

Cette conférence aura lieu à la mi-mai 2017 à la Maison Hurtubise située au 563 chemin de la Côte-Saint-Antoine (coin Victoria).

La présentation durera environ 60 minutes.

Pour information : coord@hcq-chq.org

Pas de poissons d’avril à l’école. Reprise.

Pas de poissons d’avril à l’école !

(Une reprise d’une histoire publiée en 2014…)

Ce n’est pas qu’au Québec que le 1er avril est un jour dédié aux blagues, farces et attrapes de toutes sortes. Mais en Italie, en France, en Belgique, dans certaines régions de la Suisse et au Québec ce jour se passe sous le thème du poisson. Une blague simple, mais populaire consiste à accrocher subrepticement un poisson de papier dans le dos d’une personne. Lorsqu’elle s’en rend compte, on crie alors « Poisson d’avril ! »Tout le monde devient facilement complice à ce jeu et la victime peut parfois se promener bien longtemps avec ce poisson dans le dos avant de s’en rendre compte.

La coutume est très populaire auprès des écoliers qui adorent attraper leur enseignant. Il n’y a rien de plus drôle, n’est-ce pas, que de se moquer de l’autorité ?

Pourquoi ce préambule ?

D’abord, parce que j’habite aux États-Unis (USA) et qu’ici, si on adore faire des blagues le 1er avril (April Fools’ Day), la tradition du poisson attaché dans le dos est inconnue.

Deuxièmement, parce que la planche que je publie aujourd’hui a pour thème le fameux poisson de papier.

Les histoires de ma série « Histoires d’escaliers » ont pour cadre le Québec de la fin des années 50. À cette époque, les écoles publiques sont confessionnelles, catholiques pour les francophones. Les religieuses sont en général très strictes sur le respect qui leur est dû et sur le sérieux de leur école. Le 1er d’avril est un jour redoutable pour elles à cet égard. C’est pourquoi, à l’école de Doudou et Danny, il y a interdiction formelle, aujourd’hui, de jouer des tours, comme d’accrocher des poissons de papier dans le dos de qui que ce soit !

Mais il y a dans leur école ce tout petit poète. Un enfant au coeur tendre, à la tête remplie d’imagination. Ce n’est pas un rebelle, c’est un rêveur qui ne peut pas imaginer qu’on puisse interdire de s’amuser. Et c’est pour cette raison que cette consigne du 1er avril, il la prend au pied de la lettre : « Pas de poissons d’avril, à l’école ! »

Pas de poissons d'avril à l'école!

Pas de poissons d’avril à l’école!

Histoires d’escaliers. Balcons et personnages.

Histoires d’escaliers. Escaliers, balcons et personnages.

Un décor familier fait d’escaliers et de balcons, des personnages que l’on connaît bien, mais de toutes nouvelles histoires. Des histoires d’hiver. Des histoires qui racontent les tristesses et les joies de la vie d’un groupe d’enfants de Montréal dans les années 1950.

D’abord le cousin Michel:

Histoires d'escaliers. Le cousin Michel.

Histoires d’escaliers. Le cousin Michel.

Danny, le meilleur ami de Doudou, et son petit frère

Histoires d'escaliers. Danny et son petit frère

Histoires d’escaliers. Danny et son petit frère

 

Il y a aussi Marion, la grande amie, et Louise, l’amie-ennemie.

Histoires d'escaliers. Marion et Louise

Histoires d’escaliers. Marion et Louise

 

Et il ne faut pas oublier Doudou, le personnage principal.

Histoires d'escaliers. Doudou.

Histoires d’escaliers. Doudou.

Escaliers et balcons pour un nouveau projet BD

Montréal en hiver. Projet BD.

En plein coeur de l’été, alors qu’il fait très chaud, je travaille sur un décor pour un nouveau projet de bande dessinée. Et comme c’est à Montréal, ben, il y a des escaliers et des balcons.

Escaliers de Montréal. Projets BD.

Escaliers de Montréal. Projets BD.

Escaliers et balcons. Montréal.

Escaliers et balcons. Montréal.

Pour la fête des Pères ? Juste… la paix.

La paix pour la fête des Pères

De retour à Palo Alto, après un bref séjour à Montréal durant lequel j’ai participé au Festival BD de Montréal, je me replonge dans un projet qui devrait être terminé d’ici la fin de l’année: un album, en français seulement, regroupant une centaine d’épisodes de la série Histoires d’escaliers. Comme demain, ce sera la fête des Pères, voici les deux premières cases d’une histoire d’une page sur ce thème.

La maîtresse d’école de Doudou a demandé à ses petites élèves de questionner leurs papas au sujet de cet anniversaire et de trouver ce qu’ils aimeraient recevoir. Le papa de Louise a un souhait un peu surprenant, souhait qu’elle trouve gênant de partager avec sa classe. Il enchantera sa maîtresse mais soulèvera le doute chez ses amies Doudou et Marion.

La paix pour la fête des Pères. Histoires d'escaliers par Danièle Archambault

La paix pour la fête des Pères. Histoires d’escaliers par Danièle Archambault