Un 24 juin au Québec en 1959. Fêter le Québec et le Canada… français.

C’est la Saint-Jean-Baptiste !

Le texte suivant, ainsi que les illustrations sont des extraits de ma bande dessinée Une année de célébrations, dernier album de la série Histoires d’escaliers. L’album est une recueil de courtes histoires, d’illustrations et de textes informatifs ayant pour sujet les principales fêtes célébrées au Québec, à la fin des années 1950.

Défilé de la Saint-Jean-Baptiste. Montréal, fin des années 1950. Danièle Archambault

Défilé de la Saint-Jean-Baptiste. Montréal, fin des années 1950. Danièle Archambault

Au Québec, en 1959, la fête de la Saint-Jean-Baptiste, le 24 juin, marque la fin des classes et la célébration de la fête nationale des Canadiens français. Dès le début de la Nouvelle-France, on célébrait la Saint-Jean, fête importée d’Europe par les colons français. En 1834, sous l’influence de Ludger Duvernay, on adopte saint Jean-Baptiste comme patron des Canadiens français. La Société Saint-Jean-Baptiste est fondée et les fêtes de la Saint-Jean prendront alors aussi une signification nationale. C’est en 1843 qu’a lieu le premier défilé de grande envergure à Montréal. La Saint-Jean-Baptiste est fêtée partout au Canada français et même aux États-Unis. En 1925, la Saint-Jean est finalement déclarée par le gouvernement fête officielle et jour férié. À la fin des années 1950, la fête a pris des dimensions importantes et son programme d’activités s’étend sur trois jours au moins. En 1977, le gouvernement du Québec proclame le 24 juin Fête nationale du Québec. Dans la langue populaire, la fête continue de s’appeler « la Saint-Jean ».

 Vivre au Québec avec pour patrie le Canada français !

La Saint-Jean-Baptiste est une fête patriotique, la fête des Canadiens français partout en Amérique. Les défilés affichent des thèmes qui reflètent la devise du Québec : « Je me souviens ». On y rappelle l’origine française du Canada, on célèbre nos héros canadiens-français, nos légendes, nos contes, notre folklore et bien sûr, notre foi catholique. Les termes de foi, langue et patrie sont au centre des célébrations. À la fin des années 1950, le mouvement indépendantiste commence à prendre forme, mais la patrie est encore pour une grande partie de la population, le Canada, le Canada français. 

Vive la Canadienne. Québec, années 1950. Danièle Archambault

Vive la Canadienne. Québec, années 1950. Danièle Archambault

Les enfants agitent le drapeau québécois, en fredonnant des chansons aux thèmes, eux, canadiens. Le Québec a déjà son drapeau depuis 1948, adopté sous le gouvernement de Maurice Duplessis. Le Canada devra encore attendre un peu. Fait intéressant, au milieu du XIXe siècle, la Société Saint-Jean-Baptiste avait choisi comme hymne, la chanson « La claire fontaine ». Mais,  en 1880, la Société commande un hymne spécial pour la fête de la Saint-Jean. Ce sera « Ô Canada », paroles de Basile Routhier et musique de Calixa Lavallée. Cette chanson deviendra l’hymne national du Canada.

La fête des Rois et le temps des Fêtes.

Fête des Rois et temps des Fêtes.

Traditionnellement, le temps des Fêtes, commencé la veille de Noël, se termine avec la fête des Rois (l’Épiphanie), le six janvier. À l’époque de Doudou et Danny, dans les années 1950, aux Rois, les familles vont d’abord à la messe le matin, car jusque dans les années 1960, l’Épiphanie est une fête d’obligation pour les catholiques. Le reste de la journée se passe à visiter ou à recevoir parents et amis. On offre souvent un verre de vin sucré accompagné de beignes maison. La tradition de la galette des Rois est connue au Canada français, mais peu observée. Dans beaucoup de familles, les mères remplacent la fève dans la galette, par un jujube dans un gâteau. La personne qui trouve la fève ou le jujube devient roi ou reine et peut choisir son roi ou sa reine. On ne gagne pas grand-chose à devenir cette royauté pour la journée. Chez moi, si c’était une fille, elle avait congé de vaisselle. Mais le roi et la reine coiffent une couronne en carton et parfois les enfants jouent au jeu : « Je vous salue mon roi sans rire ni sourire ». C’est une journée gaie et triste à la fois pour les enfants, car elle marque la fin des vacances des Fêtes. En effet, les enfants qui étaient en congé depuis le 23 décembre retournent à l’école le 7 janvier. 

Extraits de mon album BD Histoires d’escaliers. Une année de célébrations. 

La galette des Rois a gagné en popularité dans les dernières années au Québec et on trouve facilement la galette traditionnelle dans bien des pâtisseries, ou encore, on la prépare à la maison.

L’histoire suivante met en scène Doudou, Danny et Bébé Guy, le jeune frère de Danny. Bébé Guy a toujours une façon bien à lui de comprendre le monde qui l’entoure. Il est jeune et un peu poète.

Les Rois-Histoires d'escaliers. Danièle Archambault

Les Rois-Histoires d’escaliers. Danièle Archambault

Les petits souliers du jour de l’An.

Une coutume du 31décembre.

Au Québec, dans les années 1950, le temps des Fêtes s’étire jusqu’au 6 janvier.

[…] Le soir du 31 décembre, on se prépare pour le réveillon du jour de l’An. Encore une fois, on célèbre en famille, entre amis, entre voisins. Une grosse fête avec musique, chansons, danses, blagues et un festin traditionnel. Dès qu’on le peut, on couche les enfants, à plusieurs par lit, et la fête se poursuit entre adultes jusqu’au petit matin. Les enfants ont pris soin la veille, ou bien de suspendre un bas sur le côté de l’escalier, ou au-dessus du foyer, ou encore de déposer leurs petits souliers sous le sapin. Le matin du jour de l’An est marqué par la tradition de la bénédiction paternelle. L’aîné des enfants demande au père de bénir la famille. La tradition est encore respectée dans les années 1950, mais disparaitra graduellement dans les décennies suivantes. Le jour de l’An est la fête la plus importante du temps des Fêtes dans les familles canadiennes-françaises. Noël fut pendant longtemps une fête essentiellement religieuse, sans cadeaux. Le jour de l’An (la Circoncision) est une grande fête familiale marquée par un grand souper traditionnel, le souper du jour de l’An, qui a lieu habituellement chez les grands-parents, et la remise des étrennes.[…] Extrait de mon album BD Histoires d’escaliers. Une année de célébrations.

Dans ma famille, ce sont nos souliers que nous alignions sous le sapin de Noël, le soir du 31 décembre. Au matin, on y trouvait des fruits, des bonbons, des chocolats… Il n’y avait jamais assez de friandises à notre goût et un peu trop de fruits, comme dans cette histoire tirée aussi de l’album BD.

Petits souliers du jour de l'An. Danièle Archambault

Petits souliers du jour de l’An. Danièle Archambault

 

Le temps des Fêtes est commencé !

Joyeux temps des Fêtes !

De nos jours, dès le premier jours de décembre, on entend dire autour de nous que le temps des Fêtes est commencé. Peut-être parce que déjà dans les magasins les décorations de Noël sont installées, le père Noël est déjà bien assis sur son trône et a commencé à recevoir les enfants, et la musique de Noël joue partout, partout, partout. Mais, en fait, traditionnellement, le temps des Fêtes signifie la période de réjouissances qui commence la veille de Noël, le 24 décembre et se termine avec l’Épiphanie (la fête des Rois), le 6 janvier.

Joyeux Noël! Joyeux temps des Fëtes!

Joyeux Noël! Joyeux temps des Fêtes! Avec un clin d’oeil à la chasse-galerie.

Pour cette carte du temps des Fêtes de 2015, je me suis inspirée de La chasse-galerie, un court récit publié en 1900 par Honoré Beaugrand. Ce conte raconte l’histoire de bûcherons qui travaillent dans un chantier de l’Outaouais, en 1850. Fort désireux, durant le temps des Fêtes, d’aller célébrer avec leur famille, ils font un pacte avec le diable, la veille du Jour de l’An. Ce pacte leur permet de voyager sur un canot volant pour aller visiter leur famille. Ils connaissent bien des émotions durant leur voyage de retour, mais l’histoire se finit bien. Pour lire le texte écrit par Honorée Beaugrand : La chasse-galerie. Légendes canadiennes.

Les textes sont extraits de mon album BD Une année de célébrations !

La fête de la Reine. Montréal 1950

La fête de la Reine dans la série de BD Histoires d’escaliers. Une année de célébrations.

Au Canada, la fête de la Reine marquait initialement l’anniversaire de la reine Victoria, née le 24 mai 1819. À partir de son décès en1901, le 24 mai devient la fête de Victoria. Le Québec a aussi célébré pendant longtemps (officiellement, à partir de 1920), à la même date, la fête de Dollard des Ormeaux, héros canadien-français. En 1957, le lundi précédent le 25 mai devient le jour où on célèbre l’anniversaire de la reine Elizabeth II et de tous les futurs monarques du Canada et la fête prend le nom de fête de la Reine.  Au Canada anglais, la fête a gardé le nom de Victoria Day. En 2002, le Québec a officiellement rebaptisé ce jour, la Journée nationale des patriotes, en l’honneur de la lutte des patriotes de 1837-38 au Bas-Canada.Pour compliquer un peu les choses, il faut souligner que l’anniversaire réel de la reine Elizabeth est le 21 avril, mais celle-ci fête officiellement son anniversaire en juin ! De nombreux anniversaires !

Au Québec, en 1959, ce jour férié est surtout appelé fête de la Reine. C’est ce qu’on retrouve sur les calendriers, les affiches, les documents officiels : Victoria Day, en anglais, fête de la Reine, en français. Ce n’est que dans les années 1970 que l’on verra un  regain pour l’appellation fête de Dollard.

En 1959, cette fête tombe le 18 mai et ce jour de congé est bien apprécié de tous, car il marque la première grande fin de semaine de l’été. C’est aussi l’occasion pour la maîtresse d’école de Doudou et de ses amies de leur parler de cette fameuse reine en l’honneur de laquelle, il y a congé d’école.

Voici la première page d’une histoire qui en compte trois. Un extrait du dernier album de la série Histoires d’escaliers :  Une année de célébrations

Fête de la Reine (1959). Histoires d'escaliers. Une année de célébrations. Danièle Archambault

Fête de la Reine (1959). Histoires d’escaliers. Une année de célébrations. Danièle Archambault